Effondrement #1 : l’économiste.

Nouvel aparté.

Ce journal de bord n’est décidément pas une affaire linéaire !

Je comptais l’appeler : hors-sujet x ou y.

Logique, non, de parler de hors-sujet, quand on veut parler d’autre chose que de la conscience dans un blog qui s’appelle : « Exploration Conscience ». (Oh, non pas encore ces histoires de logique !)

A la réflexion, ce n’est pas un hors-sujet.

Le croire reviendrait à penser que nous sommes des individus isolés les uns des autres, et isolés de notre environnement, fut-il physique ou social. Ce n’est pas le cas ! L’équation est, bien sûr, infiniment plus complexe.

J’ose croire que si on poursuit nos « méditations » sur ces sujets, on finit par -au moins- se questionner : l’observateur, l’explorateur du monde et le monde lui-même sont-ils vraiment des éléments distincts ?

Dans cette suite d’articles, je vais traiter de la notion d’effondrement.

Le pourquoi, et le comment vont, au fil des articles, devenir évidents ; je le crois, du moins, je l’espère. Je ne vais donc pas alourdir cette introduction du million de raisons qui me poussent à écrire et entrer directement dans le vif du sujet. 


Dans les années 1970, au moyen-âge donc (🙃), un ensemble de scientifiques décide de se rassembler pour constituer un groupe de réflexion.

Scientifiques, économistes, industriels et fonctionnaires se mettent autour d’une table, afin de discuter des difficultés et des complexités auxquelles doivent faire face toutes les sociétés, « développées » ou non : c’est le Club de Rome.

En 72, un rapport est rendu au Club de Rome par une équipe du M.I.T, c’est le rapport « Meadows », qui tient son nom de son directeur, Denis Meadows.

Ce rapport donnera un livre : The Limits to Growth (les limites à la croissance) qui est un véritable succès : 12 millions d’exemplaires vendus traduits en 37 langues.

Dans ce rapport, sont adressés les problèmes suivants :

– l’accélération de l’industrialisation

– la croissance forte de la population mondiale

– la persistance de la malnutrition mondiale

– l’épuisement de ressources naturelles non renouvelables

– la dégradation de l’environnement

C’est le début de l’informatique : l’idée est de créer un modèle collant aux systèmes complexes que sont les sociétés humaines, d’entrer les données réelles, mesurées, et d’appuyer sur la touche « Entrée » pour voir comment ces modèles se comportent dans le temps. Schématiquement.

Mathématiquement, Meadows et son équipe construisent en fait un système dynamique non-linéaire qui rend compte des différentes trajectoires : production agricole, production industrielle, démographie etc…

Ils élaborent ainsi prospectivement dix grands scénarios, du plus optimiste au plus pessimiste concernant l’avenir de l’humanité.

Sur ces dix scénarios, huit envisagent un avenir « plutôt sympathique » pour l’humanité.

Deux conduisent à un effondrement planétaire :

  • Un qui conduit à un effondrement dans la décennie 2020
  • Un autre prévoit le collapse dans la décennie 2050

En 2008, un physicien du nom de Graham Turner exhume le travail et va tester de manière indépendante les prédictions du rapport Meadows.

Bonne nouvelle ! Le modèle est solide. Les données réelles suivent les courbes théoriques. Rarissime : un bon modèle économique tient 2 ans. Là, nous parlons de 40 années ! Le modèle est très puissant.

Ah, oui… moins bonne nouvelle : les courbes correspondent… aux deux pires scénarios, ceux qui conduisent à un effondrement des sociétés humaines.

Ah, autre mauvaise nouvelle : ces résultats ne tiennent pas du tout compte du changement climatique… en effet, en 1970, ils n’avaient tout simplement pas les données pour l’intégrer. Aujourd’hui nous avons le G.I.E.C par exemple, mais à l’époque, cela n’existe tout simplement pas.

Quand on sait que le changement climatique, analysé isolement, est déjà catastrophique, non-linéaire, et imprévisible en soi… on a un léger frisson dans le dos.

A l’Agence Française du Développement, ces travaux ont été de nouveau testés indépendamment, cette fois-ci en intégrant le changement climatique.

Des mots de Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence Française de Développement et professeur d’université à Paris 1 Université Paris-Sorbonne, les scénarios de « business as usual » (c’est-à-dire précisément ce que l’humanité suit actuellement) conduisent tous à des catastrophes humanitaires dans notre siècle actuel.

Brrr…


A voir

Gael Giraud – Dangers imminents liés au déréglèment climatique, une conférence donnée à l’Ecole Normale Supérieure
(l’intervention de Gaël Giraud démarre à 18 minutes 30)


Annexes

L’étude du physicien Graham Turner (anglais) : Is Global Collapse Imminent ?

http://sustainable.unimelb.edu.au/sites/default/files/docs/MSSI-ResearchPaper-4_Turner_2014.pdf

Une traduction en français de cette étude

https://www.les-crises.fr/recommande-leffondrement-global-est-il-imminent-par-graham-turner/

Interview de Gaël Giraud

(Journal Science et Avenir) 15 000 scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur l’état de la planète
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/15-000-scientifiques-tirent-la-sonnette-d-alarme-sur-l-etat-de-la-planete_118278

(Blog Médiapart) Rapport du Club de Rome cité par Gaël Giraud dans sa conférence à l’Ecole Normale Supérieure
https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/080412/1972-2012-le-club-de-rome-confirme-la-date-de-la-catastrophe

(NASA) (Le Monde) Animation NASA sur le réchauffement climatique
https://www.youtube.com/watch?v=o1rkpbNFH4s

 

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