Logique ! Non ?

Gr2s

Si c’est vrai, alors, ce n’est pas faux, n’est-ce pas ?

Ne nous méprenons pas sur la trivialité apparente de cette proposition.

Consciemment ou non, affirmer que si c’est vrai (peu importe ce dont on parle) alors, ce n’est pas faux, c’est utiliser une logique binaire aristotélicienne. Le savons-nous ?

En effet cette simple phrase implique au moins deux choses :

– nous utilisons une inférence logique : c’est l’implication, le « alors »

– nous ne reconnaissons que deux « valeurs » de vérité, vrai et faux.

Allons plus loin : non seulement, je ne reconnais que deux valeurs de vérité, mais je reconnais implicitement ou explicitement, et admets le principe du tiers-exclu et le principe dit de non-contradiction.

Qu’est-ce à dire ?

Le principe du tiers-exclu, un classique de la logique, peut se trouver formuler ainsi dans un manuel de maths : pour toute proposition P, (P ou non-P) est forcément vrai.

Le « ou » logique n’est pas exclusif mais inclusif, contrairement au « ou » langagier courant.

« Sur place ou à en emporter ? »

En terme logique, si j’ai mangé sur place, alors la phrase :

« J’ai mangé sur place » est vraie.

Mais la phrase :

« J’ai mangé sur place ou j’ai pris à emporter » est tout aussi vraie même si elle parait ambiguë en français.

Autrement dit, ce principe indique que pour toute proposition, on doit soit accepter qu’elle est vraie, soit accepter qu’elle est fausse : cela ne peut être autre chose que VRAI ou FAUX, il n’y a pas de troisième possibilité (pas de tiers, donc).

Le principe de non-contradiction, duquel est issu le tiers-exclu peut se verbaliser ainsi : VRAI et FAUX est forcément FAUX.

Autrement dit, une proposition ne peut pas en même temps être « vraie » ou « fausse ». Je ne peux nier et affirmer en même temps la même chose dans ce cadre conceptuel.

Factuellement, cette logique binaire, booléenne, gouverne l’informatique, qui ne traite, à l’heure où j’écris, que des 0 et 1 matérialisés physiquement par des impulsions électriques ; la sous-estimer en pensant qu’elle est « simple » parce qu’elle ne fait intervenir que des 0 et des 1 c’est oublier sa puissance.

Les opérations logiques binaires sont « simples » si on les découpe, mais d’une complexité terrible quand elles se combinent…

Je ne souhaite pas ici élaborer de manière formelle sur les tenants et aboutissants de la logique formelle binaire classique : je n’en ai pas la compétence, et ce n’est pas le sujet.

Simplement pointer quelques réflexions simples.

La première réflexion s’articule autour du fait que cette logique binaire qu’on a tendance à cataloguer immédiatement comme « la logique » – qu’on sous-entend être la logique unique – n’est pas la seule logique possible.

En effet, si on rejette par exemple, l’exclusion du tiers, c’est-à-dire que l’on réfute le principe du tiers-exclu et que l’on refuse le principe de non-contradiction, alors on peut admettre l’existence de nouveaux éléments logiques et de nouvelles règles d’inférences.

Dans cet exemple, on peut se retrouver avec un vrai (un vraiment vrai, du coup), un faux, un vrai et faux, un ni vrai ni faux… une logique articulée sur 4 éléments qui valent quelque chose – une logique tétravalente donc, dans ce cas.

Je pense que vous m’avez vu arriver à mille kilomètres : pour cataloguer les phénomènes de la conscience, on est en effet rapidement embourbé quand on essaie de grimper l’édifice avec une logique dichotomique simple. Je force volontairement le trait, bien sûr, un ouvrage de logique formelle n’utilise pas des mots pour ses démonstrations mais des opérateurs logiques ; le tout étant plus proche du hiéroglyphe que du français.

Cela dit, nous utilisons tous couramment des principes, parfois consciemment, parfois non, issus d’une logique qui ne doit rien au hasard : elle a été formalisée pendant des siècles, elle est présente (nous avons « appris » à penser ainsi) dans nos logiciels mentaux : il est à mon sens intéressant de savoir quels chemins mentaux nous empruntons…

A chaque fois que l’on dit quelque chose comme :

« Ben, c’est logique quoi ! »

Ce à quoi nous faisons référence dans 99,99999% des cas, c’est une logique binaire avec ses règles et donc la phrase, en vrai, c’est :

« Ben, ce que tu dis respecte les règles d’inférences d’une logique dichotomique formalisée en définissant au préalables deux valeurs de vérités que sont VRAI et FAUX qui s’excluent mutellement, se servant du tiers-exclu et du principe de non-contradiction. »

Pourquoi je m’entête à rendre compliqué ce qui est simple ?

Cela fera sens.

(Enfin, j’espère.)

Dans les grandes lignes, je ne cherche pas à complexifier le propos, ça n’aurait aucun intérêt, simplement à essayer de l’expliciter pour essayer de comprendre en quoi ces mécanismes peuvent influencer notre pensée, notre vision du monde (oui, rien que cela) au niveau individuel et collectif, et donc, nos actes.

Prenons la proposition suivante et essayons d’en éprouver la véracité.

« Je perçois une pensée. »

Est-il possible que cela soit vrai ?

Pour commencer, si je me dis que c’est vrai, comment le sais-je ? Qui le sait ? Moi ? Mais quoi, dans « moi », sait que je perçois une pensée ? Une autre pensée ? Autre chose ?

Cela semble inextricable, de ce point de vue.

Prenons le cas où je n’en parle à personne : je sais que je perçois une pensée, mais je ne peux pas le prouver, ni même me prouver que je ne la perçois pas. Pour prouver l’un ou l’autre, je me sers toujours de pensées (que je perçois donc) que j’ajoute à d’autres pensées, par évocation et ainsi de suite… ce qui aurait tendance à appuyer le fait que je pense effectivement, sans toutefois me le démontrer.

Alors puis-je faire « simple », by-passer le besoin de preuve, et me suffire de ma seule perception ?

Autrement dit, je « sais » que je pense, donc je pense et cela suffit.

A force d’enfoncer des portes déjà ouvertes, on est à deux doigts de réinventer le cogito ergo sum, pensez-vous peut-être, mais pourtant non : ce truisme prendra, je l’espère, son sens au fil de la lecture.

A quel prix puis-je faire cela ?

Et bien, pas cher : il suffit d’admettre que nous pensons tous pour la simple raison que nous percevons ces pensées – et que nous communiquons sur cette perception.

Il « suffit » d’admettre la valeur du verbe « je perçois », ni plus, ni moins.

Admettre ceci revient à admettre qu’il n’existe absolument aucun moyen logique de prouver que nous percevons tous les mêmes couleurs de la même manière, par exemple.

Prenons un objet rouge et 2 millions d’observateurs différents.

Nous pouvons prouver qu’il s’agit du même objet, qu’il renvoie telle ou telle longueur d’onde, mais il n’existe aucun moyen de prouver que nous percevons tous le même rouge ; que nous faisons tous la même expérience du rouge. Même dans le cas saugrenu où nous arriverions à placer 2 millions d’IRM fonctionnel sur ces 2 millions de personnes, et que nous observerions 2 millions de fois le même résultat, nous n’aurions toujours aucun moyen de prouver de manière absolue que nous faisons tous la même expérience consciente du rouge.

Dans le cas imaginaire dans lequel les 2 millions de résultats seraient strictement identiques, la seule chose que nous aurions le droit de dire de manière certaine est : la perception d’un objet de telle longueur d’onde par 2 millions de sujets entraine telle réponse physiologique (sanguine ici) du cerveau. C’est tout.

Nous avons des informations sur comment peut se comporter un cerveau en réponse à une expérience perçue par la conscience (comme une émotion) mais rien sur l’origine, ni la nature de la conscience. Je détaillerais un peu plus dans la deuxième partie de cet article.

Revenons à notre proposition.

Est-elle fausse ?

Ou est-ce vrai et faux ?

Ou encore, est-ce ni vrai, ni faux ?

Si c’est ni vrai, ni faux, où seraient mes pensées ? Dans un « espace » dans lequel le vrai et le faux n’auraient pas de sens, puisque le fait de les percevoir – l’acte de percevoir ; l’attention en somme – « transcenderait » l’espace dans lequel le vrai et le faux sont des concepts ?

Peut-on alors dire ce n’est pas une proposition démontrable ? Qu’elle est « indécidable » ?

Si c’est le cas, cela va plus loin : déclarer que ma phrase est fausse… n’est pas non plus démontrable.

Quelle preuve pourrait-on apporter pour argumenter ?

« Non, tu ne perçois pas de pensées, parce que… ? »

Sauf erreur, en l’état, il n’y a aucun moyen pour quelqu’un de vous démontrer que vous ne percevez pas de pensée, pas plus qu’il n’y en aurait pour démontrer que vous percevrez effectivement une pensée.

En effet, si je démarre par :

« Je perçois des pensées, parce que… x ou y »

Le x ou y sont vraisemblablement des perceptions que l’on va verbaliser.

Le problème est que la verbalisation de la perception n’est pas une preuve formelle de l’existence de la pensée non plus, pas plus qu’une preuve formelle de sa non-existence.

Il est possible que quelqu’un soit en mesure de vous convaincre que vous ne percevez pas de pensée, dans ce cas, vous donnerez sciemment valeur de vérité « vrai » à sa proposition « tu ne perçois pas de pensées » mais il n’a en toute logique aucun moyen de vous le démontrer formellement.

Si l’on accepte donc cette phrase, ou toute autre d’ailleurs, nous n’acceptons donc pas de démonstration formelle, mais un jugement extérieur. Ce jugement peut s’appuyer sur des perceptions, mais en aucun cas, sur une démonstration formelle au sens logique du terme.

Maintenant que nous avons déblayé un peu le terrain…

Que pensons-nous des propositions suivantes ?

« J’ai rêvé. »

« Je n’ai pas rêvé. »

Ou bien…

« Je ne perçois aucune pensée. »

Il y a deux manières de sortir de cette dernière phrase, soit on ne se plonge pas dedans ou superficiellement, auquel cas la phrase nous parait simple et dénuée de paradoxe, soit on n’en dort plus : en effet, sauf erreur, par cette voie là, on remarque que la pensée et la conscience… ne sont pas si simples à appréhender par la logique seule.

Un vrai bedtime paradox, encore plus puissant que mon préféré :

« Si tout est possible, est-il possible pour quelque chose d’être impossible ? » 

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Comment sommes-nous en mesure de dire « je ne perçois aucune pensée » ? Je perçois que je ne perçois pas de pensées, mais qui perçoit cela ? N’est-ce pas percevoir une pensée a postériori, celle qui nous a fait nous dire « je ne perçois aucune pensée » ? Ou a-t-on eu conscience, ou plutôt, est-on devenu la conscience qui éclaire les pensées, pour un instant ? Ou est-ce encore autre chose ?

Bref, on s’approche sérieusement de ces concepts insupportables pour la pensée, ces concepts qui cessent d’être ce qu’ils sont quand on les nomme ou quand on les pense, puisque se faisant, nous les dotons d’attributs… qu’ils ne sauraient avoir par définition !

Comment inclure cela dans la logique formelle dichotomique classique ?

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La deuxième réflexion qui suit naturellement, est le rapport de la conscience et des pensées avec le cerveau.

Prenons un des postulats du paradigme matérialiste réductionniste classique selon lequel le cerveau générerait la conscience selon le schéma :

Activité cérébrale > Conscience > Action

(ou selon les cas, activité cérébrale > action > conscience de l’action)

Les technologies comme l’E.E.G, l’IRMf, le TEP-scan, le scanner parmi d’autres donnent l’impression que nous visualisons directement la conscience. Le mot clé est là « l’impression« . En allant vite, on a tendance à conclure : je demande à quelqu’un de penser, je regarde son cerveau s’agiter. L’agitation cérébrale est la cause de la pensée.

Au risque de me répéter au fil des articles, la présence de signal associé à une pensée ou un état d’esprit n’est pas la preuve absolue que le cerveau a causé cette pensée ou cet état d’esprit.

Ces signaux sont des données brutes, et il convient de choisir l’hypothèse la plus solide pour élaborer un modèle intellectuel et conceptuel intégrant – et expliquant – ces données. Contrairement à ce qui est souvent sous-entendu, l’hypothèse de la causalité biologique n’est pas plus intégrative, ni la plus logique, ni même la plus solide.

Elle possède même de nombreux défauts : elle se contente d’être tout juste descriptive mais n’inclut pas tous les phénomènes associés à la conscience dans son ensemble : pour exister, elle exclut de fait les phénomènes qu’on qualifiera du coup de « surnaturels ».

Quelle prétention dans ce petit mot, surnaturel ! Comme si l’on avait déjà tout cerclé du « naturel » pour exclure de fait le reste !

« Extraordinaire », « paranormal », sont tout aussi trompeurs. Ils sont simples, puisqu’on « comprend » ce que cela veut dire (et encore !), mais cela tire une balle dans le pied d’entrée de jeu à quiconque souhaite étudier platement le phénomène, sans émoi.

Qui a défini l’ordinaire ? Qui a défini le normal ? Quand ? Combien étaient-ils ? Y avait-il une réunion de définition internationale de l’ordinaire et du normal ? Ou bien c’est un accord implicite entre des gens ? Qui ? Combien ? Pourquoi eux et pas d’autres ? Sur quelles bases ? C’est culture dépendant ? Et ainsi de suite…

Si un peuple vit quotidiennement des phénomènes considérés comme extraordinaires par d’autres peuples mais très ordinaires pour lui, qui a raison sur la définition de l’ordinaire, et de ce qui en sort ? Ceux qui sont les plus nombreux ? Ceux qui parlent le plus fort ? Comment fait-on ?

Revenons aux données, aux signaux mesurés par les technologies d’imagerie médicale.

D’un point de vue strictement logique, il est tout à fait incorrect de conclure, avec ces seuls résultats, que la consommation en oxygène du cerveau, ou son activité électrique, donc son activité synaptique, cause l’émission de la pensée, donc « l’émission » de la conscience.

Vous l’aurez compris, le problème n’étant bien entendu pas dans les signaux, mais dans l’inférence, dans l’implication : le « donc » et surtout dans la supposition de la causalité, le « cause« .

René Descartes (le père des cartésiens, donc) disait :
« …je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui, pour être, n’a besoin d’aucun lieu, ni ne dépend d’aucune chose matérielle. En sorte que ce moi, c’est-à-dire l’âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps, et même qu’elle est plus aisée à connaître que lui, et qu’encore qu’il ne fût point, elle ne laisserait pas d’être tout ce qu’elle est. »

Claude Bernard (père de la médecine expérimentale) disait :
« On ne ramènera jamais les manifestations de notre âme aux propriétés brutes des appareils nerveux pas plus qu’on ne comprendra de suaves mélodies par les seules propriétés du bois ou des cordes du violon nécessaires pour les exprimer. »

Max Planck (nobel de physique) disait :
« Pour moi qui ai consacré toute ma vie à la science la plus rigoureuse, l’étude de la matière, voilà tout ce que je puis vous dire des résultats de mes recherches : il n’existe pas, à proprement parler, de matière ! Toute matière tire son origine et n’existe qu’en vertu d’une force qui fait vibrer les particules de l’atome et tient ce minuscule système solaire qu’est l’atome en un seul morceau […] Nous devons supposer, derrière cette force, l’existence d’un Esprit conscient et intelligent. Cet Esprit est la matrice de toute matière. »

Erwin Schrödinger (nobel de physique quantique) disait :

“Consciousness cannot be accounted for in physical terms. For consciousness is absolutely fundamental. It cannot be accounted for in terms of anything else.”

“The world is given to me only once, not one existing and one perceived. Subject and object are only one.”

N’est-ce pas, au minimum, étonnant ?

Il reste de nombreuses hypothèses alternatives qui ne sont pas étudiées concernant la conscience.

Reprenons les clichés d’IRMf, d’EEG et consort.

Nous pourrions observer exactement le même résultat avec le postulat suivant suivant par exemple : la conscience préexiste et se sert de l’activité cérébrale pour se manifester ici.

Conscience > Activité cérébrale > Action

Les champs de recherche s’ouvrent dans de multiples directions. Milles questions arrivent : comment la conscience arrive-t-elle à agir sur la matière ? Le fait-elle directement ? Si elle est à 100% immatérielle, agit-elle avec un intermédiaire « presque » matériel ? Quel serait le lien entre cet intermédiaire et la conscience ? Quelque chose qui n’est pas encore détectable ? Ou bien, cet intermédiaire peut-il être détecté avec nos technologies actuelles ? Est-ce que cet intermédiaire « s’active » grâce à la conscience ? Et ainsi de suite…

Le paradigme matérialiste qui veut que la conscience soit crée par le cerveau arrive au sommet de sa puissance à être tout juste descriptif, mais seulement pour une partie de la réalité ; pour survivre, il doit exclure de fait de très nombreux phénomènes. En vrac : les décorportations pendant les N.D.E, les perceptions extrasensorielles, les cas de remémorations d’existences antérieures à cette vie… qui sont dans l’immense majorité des cas a priori rejetés parce que tout cela « ne peut pas exister », ce qui est un parfait déni de rationalité… !

Affirmer qu’il n’y a pas de conscience après la mort est, de la même manière, un non sens au sens strict du terme, puisque nous faisons reposer notre argumentaire sur un fait lui-même non prouvé, celui que la conscience est créée par le cerveau et qu’elle aurait « besoin » de ce dernier pour exister.

Rien n’est moins sûr !

De près ou de loin, d’une manière ou d’une autre, nous avons probablement tous été confrontés aux comas et aux états végétatifs ?

« La conscience n’est plus présente quand le cerveau ne fonctionne plus » est un raisonnement tout aussi rapide. Il comporte de nombreux sous-entendus, tous non prouvés de manière certaine ; eux-mêmes issus d’une réflexion complexe : comment définir l’existence de manière certaine et absolue et comment définir la conscience et ses attributs ?

Ai-je théoriquement le droit de réduire l’existence et la conscience à la survie du corps physique ?

Une structure anatomique ne fonctionne plus : la fonction n’est plus présente. Puis-je en conclure immédiatement que la structure a crée ex-nihilo la fonction ?

Un des arguments fréquents à ce paradigme est le suivant : si nous enlevons telle ou telle structure (ou si elle ne fonctionne pas), la « conscience » est altérée. Dans telle ou telle pathologie, le cerveau est altéré, et la conscience est altérée. Donc le cerveau qui génère la conscience n’est pas en mesure de la générer aussi bien qu’avant, donc le cerveau l’a crée.

Mais encore une fois, ce ne sont pas des preuves convaincantes. En effet, dans un paradigme dans lequel le corps est simplement un véhicule pour la conscience, il n’y a aucun contre-sens avec le fait que si un morceau du véhicule est abîmé, le véhicule ne puisse pas être en mesure de manifester complètement « la conscience » telle que nous la connaissons (la vigilance, la mémoire, la lucidité et ainsi de suite) avec ce corps ; pas dans l’absolu !

En prenant l’analogie de la voiture, on peut dire qu’avec un moteur en panne, la voiture n’est pas en mesure de se déplacer, mais le conducteur peut toujours être en vie (et bien lucide…). Avec un autre véhicule en bon état, il pourrait très bien conduire, comme avant.

Ce « switch » mental, même si on n’a vécu aucune expérience en ce sens, est non seulement descriptif mais davantage intégratif et explicatif concernant de nombreux phénomènes qui semblent pourtant indépendants : la paralysie du sommeil, les décorporations, les vies antérieures, les perceptions extrasensorielles… même d’un œil lointain mais documenté, il doit paraître plus logique.

Il peut en outre prévoir des phénomènes impossibles à prévoir avec l’autre paradigme.

Tout ceci… sans parler des contre-exemples.

Prenons le raisonnement suivant. Disons que le paradigme matérialiste est correct, et que la conscience est bien créée par le cerveau. Selon ce paradigme, il ne devrait donc exister aucun phénomène « extra-cérébral ».

Il ne devrait donc exister absolument aucun cas de :
• perceptions extrasensorielles impliquant la perception d’élément inaccessibles aux sens classiques. Or il y en a.
• N.D.E impliquant une conscience d’évènement avec un cerveau hors fonctionnement. Or il y en a.
• souvenirs de vie antérieures (sur Terre) impliquant des souvenirs d’enfants dont on peut retrouver des traces physiques / historiques. Or il y en a.

Le problème de fond étant que le paradigme matérialiste ne permet pas une bonne approche de ces phénomènes.

On entend encore, parfois, la phrase:

« Oui, mais ça se saurait si c’était vrai, en laboratoire, on n’a pas de résultat, et personne n’y arrive ou il n’y a pas de sujet. »

Ce à quoi je répond :

  1. Ça se sait
  2. C’est faux, il y a des résultats
  3. Des gens y arrivent
  4. Il y a des sujets

J’ajoute une perspective sur le point de vue de l’expérienceur, souvent complètement ignoré.

Il existe des scientifiques ouverts à ces approches, intègres, honnêtes et intelligents. Mais ce n’est, semble-t-il, pas la majorité, à l’heure actuelle.

Quel expérienceur voudrait se soumettre à une horde de blouses blanches souvent rigides intellectuellement sur ces sujets, parfois carrément méprisantes ? Il y en a, et ce sont des super-héros (sincèrement, je les considère comme tel), mais ce n’est pas la majorité.

Entendons nous bien, je n’ai bien sûr rien contre les scientifiques en général (ça serait un peu incohérent, d’ailleurs… ) ! J’essaie simplement de placer un peu de perspective dans le tableau si simpliste (et si faux) du « ça se saurait ».

En général, pas grand monde ne veut se soumettre à un protocole, et les raisons ne sont souvent pas celles que l’on croit.

Quand on met de côté la difficulté inhérente à un test, en règle générale, personne ne veut se frotter à de la rigidité, des moqueries, ou du mépris. En général, produire ces phénomènes demande en plus une bonne relaxation, chose assez technique quand trois condescendants en blouse sourient en coin en pensant bien fort que vous êtes un escroc et/ou un malade mental !

Et le cercle vicieux reprend :

« Oui, et bien, vous n’arrivez COMME PAR HASARD à ne rien faire quand il s’agit de protocole vérifié – c’est que vous mentez depuis le début. »

En y ajoutant la peur de « rater » ; plus rien n’avance.

Bien sûr je caricature. Mais si demain, l’ensemble de la communauté scientifique changeait de ton ; combien de milliers d’expérienceurs de bonne foi verrait-on soudain se présenter dans les laboratoires ?

Ce peut être grisant de participer à l’avancée de la science sur ces sujets. Ça l’est beaucoup moins de se heurter au mépris et à la rigidité mentale des gens qui sont pourtant censés représenter « l’intelligence » ; pour des résultats qui de toute façon n’intéresseront pas grand monde puisque qu’à contresens du paradigme généralement admis.

Pointons un dernier exemple concret pour terminer cette courte perspective : les fameuses cartes à jouer sur les étagères des blocs en réanimation, bien que cela soit une astuce intéressante, elles ne prennent pas du tout en compte la complexité du phénomène.

En caricaturant à nouveau : une personne est entrain de mourir, sort de son corps. En une fraction de seconde, elle se rend compte tout d’un bloc :
• qu’elle continue à exister,
• qu’elle est mieux dans cet état,
• que ses perceptions s’étendent dans tous les sens,
• que sa liberté de mouvement est immense,
• qu’elle n’est plus soumise aux « lois » physiques de la Terre,
• qu’elle peut rencontrer des personnes dans ce même état, voire des gens décédés qu’elle a connu dans sa vie,
• qu’elle vit des émotions qu’elle n’a jamais ressenti sur Terre,
• que son existence a un sens multidimensionnel

Et on pense SINCÈREMENT que sa priorité numéro un c’est d’aller voir une carte à jouer retournée pour convaincre des obtus, qui de toute façon auront une probabilité de nier en bloc proche de l’unité, que les perceptions extrasensorielles existent ?

Je ne dis pas que cela n’arrivera jamais ; j’essaie simplement de placer un peu de perspective.

Et si elle n’y arrive pas, va-t-on par contre conclure (explicitement ou implicitement) qu’elle n’est pas sortie de son corps ?

La décorporation telle que décrite dans les « voyages astraux » est peut-être trop technique à mettre en évidence par des protocoles utilisant notre technologie actuelle, mais la perception à distance (le remote viewing, ou le sondage « énergétique » voire la clair-audience) ne nécessite en théorie « que » quatre choses :
• un protocole en double aveugle
• plusieurs sujets, plusieurs tests
• un calcul mathématique pour savoir à quel moment on dépasse le seuil significatif (p-value)
qu’on ne mette pas la pression sur le sujet
On comprend tout à fait que si on admet l’existence de la conscience, de sa non-localité, de sa non-dépendance au corps biologique, et de « l’énergie », alors on doit admettre l’existence non négligeable de l’influence d’autrui, même à distance, même sans parler, et ainsi de suite.


 

En pratique, malgré les résistances, les études concernant la conscience s’accumulent.

Les unes après les autres.

Les faits sont les suivants : il y a suffisamment de données pour qu’on ne puisse plus attribuer raisonnablement ces résultats au hasard.

Même si nous n’avons pas d’expériences directes, si nous creusons sincèrement le sujet, nous devons raisonnablement nous séparer du vieux schéma « le cerveau crée la conscience localement » et de nos simplifications pour nous rapprocher de la réalité.

Évidemment, pour se convaincre, le plus court et le plus solide des chemins reste l’expérience directe.

Je vais être très honnête et peut-être me tromper lourdement, mais ce sera ce que je pense sincèrement au moment où j’écris ces lignes :

Plutôt que de rechercher un million de preuves et de débattre un million d’heure, l’on progresse un million de fois plus vite et un million de fois plus solidement en dirigeant ses efforts vers un maximum d’expérience directe. Bien sûr, les interpréter et communiquer me parait essentiel, mais notre pensée peut se tromper lourdement et nous enfermer longtemps dans des schémas qui ne touchent qu’un bout de la réalité. Du coup, on gagne un temps fou (et beaucoup d’ascenseurs émotionnels) à ne pas s’accrocher inutilement à nos propres concepts mentaux du moment.

Je ne pense plus ce que je pensais avant, et j’espère que demain, je ne penserai pas comme aujourd’hui.

A mon sens, dans le domaine de la conscience, seule l’expérience directe a ce pouvoir incroyable de mettre à jour nos fonctionnements mentaux en profondeur ; bien plus qu’un empilement de règles logiques ou d’articles de milles lignes comme celui-ci.

Elle peut outre-passer la logique, la pensée, et se balader dans des mondes où tout cela n’a plus l’importance que nous lui donnions pourtant 5 minutes avant.

 


Référénces

La rubrique Library

Un lien depuis lequel on peut trouver en téléchargement libre des dizaines d’études qui ont été menées sur la conscience par de nombreux auteurs différents (perception extrasensorielle, N.D.E, etc…), rassemblées par Dean Radin.

On y trouve par exemple l’étude du cardiologue Pim Van Lommel sur les N.D.E de 2006, qui avait fait du bruit à l’époque en raison de ses conclusions; je cite (page 148) :

The inevitable conclusion that consciousness can be experienced independently of brain function might well induce a huge change in the scientific paradigm in western medicine.

(…)

But it has been clearly shown that during NDE consciousness is experienced independently of brain function! So we have a body, and without a body we still can have conscious experiences!
(…)
We can also conclude that our waking consciousness, which we experience as our daily consciousness, is only a part of our whole and undivided consciousness.

On y trouve également sa fameuse étude de 2001, publiée sur The Lancet, le plus gros journal médical officiel à comité de lecture, on pouvait trouver ce genre de phrases (page 2044) :

With lack of evidence for any other theories for NDE, the thus far assumed, but never proven, concept that consciousness and memories are localised in the brain should be discussed.

Furthermore, blind people have described veridical perception during out-of-body experiences at the time of this experience.

NDE pushes at the limits of medical ideas about the range of human consciousness and the mind-brain relation.

(Photo : rubrique Art)
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2 réflexions sur “Logique ! Non ?

  1. Bonjour Pierre,

    Merci pour tes réflexion toujours intéressantes!

    J’ai quand même un petit souci avec l’importance qu’on doit donner à l’expérience directe.

    Peut-elle apporter des preuves définitives sur la réalité de ce que vit une personne?
    Je veux dire, pour reprendre ton exemple de la couleur : j’ai mon expérience personnelle du rouge, qui sera certainement différente de la tienne. Même si je vis l’expérience directe du rouge de manière très intense, qu’est-ce qui me prouve, à moi, que je fais l’expérience du Rouge, la pure, celle avec un grand « R »? Qu’elle sera plus proche de la réalité intrinsèque du rouge que l’expérience que tu en as toi?

    On sait que le cerveau peut nous tromper. On peut halluciner. Un schizophrène peut entendre ou voir des choses, en avoir une expérience directe et tangible, sans qu’elles n’existent. Comment alors faire la part des choses, de ce que relève d’une conception mentale ou d’une réalité totalement indépendante d’une perception forcément subjective?

    Cela ramène à la question de la reproductibilité, qui est un facteur essentiel à l’objectivation d’un phénomène. Expérience directe oui, mais confrontation avec d’autres inévitable aussi, me semble t’il…

    L’autre chose qui me gène concerne la question de la preuve. Tu dis qu’il n’est pas possible de prouver qu’il n’y a rien après la mort ou que la conscience ne peut pas se délocaliser. Mais si je t’affirme qu’un dragon fait sa sieste au cœur du soleil, pourras tu me prouver le contraire?
    En somme n’y a t-il pas un biais méthodologique majeur à affirmer « on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas »?

    Bref, cela ne remet en rien en cause la qualité de tes articles, c’est simplement des questionnements. Je pense d’ailleurs que tu aurais beaucoup à apporter dans des lieux comme ceux-là : http://www.sceptiques.qc.ca/forum ou beaucoup de gens essayent de trouver des réponses à ces questions.

    Merci encore et à bientôt!

    RuB

    J'aime

    1. Hello RuB

      Merci beaucoup pour ton retour 🙂

      Je vais donc essayer de te répondre du mieux que je peux avec mon avis du moment, mais il faut vraiment garder en tête deux choses :

      – mon avis a une importance proche du zéro, je ne suis « rien » pour dire ce que je dis, tout au plus un « random » qui vit deux trois trucs et qui publie parfois sur son journal, donc, je ne « prétend » rien, si je pense qu’une chose est vraie ou fausse, alors ça n’a strictement aucune importance sur la réalité de ce même phénomène : c’est évident, mais je préfère le dire

      – a aucun moment je ne souhaite (ni n’ai la prétention de pouvoir) convaincre qui que ce soit sur ces domaines : à aucun moment je ne souhaite ni n’ai la prétention d’amener des preuves, tout au plus réfléchir sur ce qu’on appelle « preuve ».

      Tout ceci pour à nouveau clarifier mon intention dans ces articles : un simple partage. Je ne suis pas en « combat » intellectuel pour prouver des trucs en mode « sceptique versus croyant » ou bien « matérialiste » versus « spiritualiste ». Je m’en contre fous de tout cela.

      Je n’ai rien à me prouver ni à prouver à des gens ; j’avance tranquillement dans mes expériences et parfois j’en parle parce que des trucs me font réfléchir, mais ça s’arrête là.

      Ceci étant clarifié.

      Ta première question, c’est donc, concernant l’expérience directe :

      « Peut-elle apporter des preuves définitives sur la réalité de ce que vit une personne? »

      Même si je vis l’expérience directe du rouge de manière très intense, qu’est-ce qui me prouve, à moi, que je fais l’expérience du Rouge, la pure, celle avec un grand « R »? Qu’elle sera plus proche de la réalité intrinsèque du rouge que l’expérience que tu en as toi?

      Rien ne te prouve que tu fais l’expérience du Rouge, la couleur « pure », celle qui sera mieux que les autres, mais à nouveau, rien n’est prétendu en ce sens ? Si j’ai donné ou sous-entendu ce ton, alors c’est une erreur de ma part, qui plus est involontaire.

      Ce n’est pas ce que je pense : ta réalité ne sera jamais plus loin ou moins d’une réalité qui serait intrinsèque ou absolue.

      Ce qui peut différer grandement, à mon sens, ce sont les perceptions d’un même objet. Même alors, une perception n’est pas « mieux » qu’une autre, elle peut être juste différente. Je ne vois pas de gradation ni de hiérarchie dans ces affaires : elles ne font pas sens pour moi.

      « On sait que le cerveau peut nous tromper. On peut halluciner. Un schizophrène peut entendre ou voir des choses, en avoir une expérience directe et tangible, sans qu’elles n’existent. Comment alors faire la part des choses, de ce que relève d’une conception mentale ou d’une réalité totalement indépendante d’une perception forcément subjective? »

      Dans ce paragraphe tu rassembles beaucoup de concepts ; que je sépare intellectuellement de mon côté donc je vais essayer d’expliciter.

      L’hallucination est une affaire de perception.

      Quand on dit « sans qu’elles n’existent », ce qu’on dit c’est « sans que personne qui n’ait vu directement et personnellement cette personne ait perçue les mêmes choses qu’elle ». Nous n’avons en toute rigueur pas le droit de dire « sans qu’elles n’existent » dans l’absolu, comme si nous définissions d’emblée une sphère des possibles basées sur les seules perceptions d’un groupe, fut-il large en nombre.

      C’est pour cela qu’on entend souvent le terme « perception sans objet », qui est à mon sens, une large faille : ce n’est pas parce qu’on ne perçoit pas l’objet qu’il n’existe pas.

      Je dis cela, parce qu’il existe des perceptions qui peuvent « échapper » à la perception de nombreuses personnes, mais qui pourtant peuvent être partagées par d’autres personnes, indépendantes. Ceci peut bien sûr se confirmer par l’expérience directe, mais j’y reviendrais un peu plus loin.

      Je ne dis pas non plus que certaines perceptions visuelles ne peuvent pas être déclenchées cérébralement. Si tu me branches une électrode sur le nerf optique, ça risque d’être l’arc-en-ciel. Assurément.

      Sans connaissance claire des mécanismes de la conscience, je me retiens personnellement au maximum de conclure « cela n’existe pas » ; cela impliquerait – j’ose le terme – mathématiquement que notre attention serait infinie, à l’échelle individuelle et à l’échelle collective, ce dont j’ai de nombreuses raisons de douter.

      Comment faire la part des choses ?

      Cette question ne se répond qu’à l’échelle individuelle, avec nos expériences directes, notre lucidité, notre discernement. Tout ceci peut se tailler, s’enrichir d’un million de connaissance, et bénéficier d’interactions bien sûr, mais c’est à l’échelle individuelle que se joue « la part des choses », selon moi.

      Cette « part des choses » n’est pas quelque chose qui serait fixe et stable, il n’y a mon sens pas de « part des choses » absolue, qui dresserait un mur intellectuel entre « ce qui est réel » et « ce qui n’est pas réel ». L’on pourrait dresser un tel mur avec une perception absolue et infinie ; ce qui, tu seras peut-être d’accord, est loin d’être nos cas en tant qu’hommes (et femmes) et en tant que sociétés.

      « Cela ramène à la question de la reproductibilité, qui est un facteur essentiel à l’objectivation d’un phénomène. Expérience directe oui, mais confrontation avec d’autres inévitable aussi, me semble t’il… »

      La reproductibilité au sens scientifique est un facteur actuellement essentiel à l’objectivation de nombreux phénomènes, en gardant en tête que la reproductibilité scientifiquement définie exclut de fait une quantité de phénomènes qui mériteraient pourtant d’être parfois inclus dans l’analyse : l’état d’esprit du chercheur, par exemple. Ils partent de postulat de départ qui pourraient pourtant être discutés et surtout se basent sur nos technologies actuelles (qui ne cerclent pas l’entièreté de réalité) et sur les perceptions / intentions des chercheurs eux-mêmes, sachant que ce ne sont pas (encore ?) des robots.

      J’émet quelques doutes sur la valeur de la reproductibilité telle qu’actuellement définie dans les domaines de la conscience.

      En revenant à l’échelle individuelle, cela se joue à notre intention : quelle intention avons-nous dans la confrontation ? Qui choisissons-nous pour cela ? Pour quelle raison faisons-nous cela ? Est-ce que je cherche une preuve pour moi ou pour mon cercle social ? Est-ce que je cherche à prouver au monde entier ? Est-ce que je cherche surtout des informations ? Est-ce que je cherche à y voir plus clair dans ce je vis moi ? Et ainsi de suite.

      Par contre, je n’ai aucun doute sur la reproductibilité en tant que telle : assurément, je n’aurais d’ailleurs pas autant d’assurance sur certains phénomènes si je ne m’étais pas assuré qu’ils possédaient un caractère reproductible, à mon échelle. Mais certains phénomènes de la conscience me paraissent tout autant réels et pourtant ne pas posséder de caractère reproductible, tout au moins, pas directement mesurable avec nos technologies actuelles.

      « L’autre chose qui me gène concerne la question de la preuve. Tu dis qu’il n’est pas possible de prouver qu’il n’y a rien après la mort ou que la conscience ne peut pas se délocaliser. Mais si je t’affirme qu’un dragon fait sa sieste au cœur du soleil, pourras tu me prouver le contraire?
En somme n’y a t-il pas un biais méthodologique majeur à affirmer « on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas »?

      Si tu m’affirmes qu’un dragon fait sa sieste au coeur du soleil : Non ! Même si je le voulais (ce qui n’est pas le cas) ; je ne peux te prouver le contraire.

      Cela ne veut pas dire que je prendrais ta perception pour la « réalité » non plus. Si tu es de « bonne foi », je placerai simplement cette information dans ma case : cette personne me parait sincère mais je n’ai pour l’instant pas l’expérience directe qui me permet de me joindre à elle ».

      En fait, mon article n’est pas un article généraliste sur la notion de preuve ni sur les biais, mais simplement un pointage superficiel sur des affirmations, explicites et implicites, – sur le rapport entre le cerveau et la conscience – qui sont souvent « admises pour vraie » sans trop de réflexions supplémentaires.

      Il y a, à mon sens, une énorme différence entre la réalité et nos perceptions. Dans tous les cas.
      Ce qui est très solide à mes yeux, c’est l’expérience directe. Une expérience directe est reproductible à l’échelle de la personne, même si elle peut échapper aux processus scientifiques pour un temps, pour un million de raisons.

      On peut rechercher un million d’année des preuves pour se convaincre que… x ou y ; cela implique que nous avons une confiance infinie dans « ce qui donne » ces preuves.

      Si on parle de certains processus scientifiques, je pense intimement, vraiment, que « ce qui donne » ces preuves n’est pas en mesure de cercler complètement la réalité et qu’elle exclut quantité de phénomènes qui sont pourtant bien réels.

      Beaucoup d’expériences dans ma vie m’ont prouvé de manière absolument certaine ce que je dis là ; je ne balance pas cela gratuitement.

      Je pense que certaines expériences directes et personnelles ne laissent plus de place au doute personnel ; pas plus que je ne doute d’être en vie et conscient à l’heure où je t’écris.

      Je ne parle pas de l’interprétation et du point de vue, qui eux, changent continuellement et c’est heureux.
      Mais le socle est là, aussi solide que ma perception et ma sensation d’avoir deux pieds et deux jambes, et deux mains et une conscience pour les percevoir.

      Le doute est un truc fantastique, qui nous permet d’avancer. Vraiment, je le pense. Sans le doute, c’est le chaos, puisque c’est « à qui parait avoir le plus raison » ou a celui « qui parle le plus fort ». Il suffit de voir l’histoire pour se rendre compte qu’il y a de parfaites ordures qui n’avaient pourtant aucun doute sur ce qu’ils faisaient.

      Je ne peux toutefois m’empêcher d’émettre quelques réserves dans certaines approches qui prétendent douter de tout, puisque bien souvent, la barrière entre ce dont on peut douter et ce dont on ne peut douter est placée implicitement et se base sur des perceptions. Dans notre vie, il y a quantité d’éléments dont nous ne doutons pas, que nous avons deux bras, que le sol ne va pas s’écrouler à chacun de nos pas, et ainsi de suite. Où est la barrière ? Qui la fixe ? Ce sont nos perceptions ? Et si je perçois différemment ? Et si nous sommes 100 000 à percevoir différemment du groupe qui décide de quoi on peut douter ?

      Donc, oui, je pense que certaines expériences directes et personnelles ne laissent plus de place au doute personnel ; pas plus que je ne doute d’être en vie et conscient à l’heure où je t’écris, pas plus que je ne doute d’avoir des mains qui écrivent ces lignes, pas plus que je ne doute que tu as des yeux pour les lire.

      Et oui, je pense que ces expériences directes sont accessibles à tous, sans rien d’autres qu’eux, sans aucune condition.

      L’expérience directe, que l’on peut confronter à d’autres expériences, permet d’avancer, lentement peut-être, mais très solidement sur le domaine de la conscience. Cela implique du discernement, bien entendu, une énorme dose de lucidité, j’en suis plus que convaincu, de l’autocritique, du partage et ainsi de suite ; mais ces éléments n’ont qu’une valeur limitée (pour des raisons que j’évoque en partie dans cet article) si ils ne sont pas soclés sur un million d’expérience personnelle.

      Que l’on soit bien clair, l’expérience directe, ce n’est pas juste s’assoir en tailleur une minute et demi et croire dans un truc.

      Si demain tu vis une N.D.E, ou une sortie hors du corps pleinement lucide par exemple, mais il y a d’autres expériences bien sûr, je suis certain que ces questions trouveront meilleure réponse que celle que je te donne ici.

      J’en suis vraiment intimement convaincu.

      « cela ne remet en rien en cause la qualité de tes articles »

      Ouf, sauvé 🙂

      Merci à nouveau à toi,

      Amicalement,
      Pierre

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